IA Act : accompagnement complet pour TPE, PME et grandes entreprises par STRATEGIK

Définition : IA Act


Règlement (UE) 2024/1689 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 établissant des règles harmonisées concernant l'intelligence artificielle.

En clair : c'est la loi européenne qui encadre l'utilisation de l'IA en entreprise. Toutes les entreprises sont concernées, quelles que soient leur taille ou leur secteur d'activité.

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AI ACT : QUELLES OBLIGATIONS POUR VOTRE TPE / PME ?

Règlement (UE) 2024/1689 — Guide pratique pour les dirigeants

!

TOUTE entreprise utilisant un système d'IA est concernée

Aucune exception de taille (art. 2). Une TPE de 3 salariés utilisant ChatGPT est un « déployeur » (art. 3(4)).

Dire « je n'utilise pas l'IA » n'exonère pas. La cartographie des outils est le préalable indispensable.

Les 3 situations types

CAS 1 Utilisatrice standard
RISQUE MINIME / LIMITÉ

Utilise des outils IA du commerce (ChatGPT, CRM, comptabilité...). Ne développe pas d'IA.

Obligations :
  • Littératie IA (art. 4)
  • Pratiques interdites (art. 5)
  • Transparence (art. 50) : chatbots, contenus générés
  • Cartographie des outils IA
  • Si haut risque détecté → art. 26
CAS 2 Sous-traitant FDO / Armée
HAUT RISQUE PRÉSUMÉ

L'IA est utilisée DANS le cadre de prestations police/armée, dans un domaine Annexe III pt 6.

Obligations renforcées :
  • Tout le Cas 1 +
  • Respect instructions fournisseur
  • Supervision humaine (art. 14)
  • Conservation logs 6 mois min.
  • AIPD droits fondamentaux
  • Signalement incidents graves
CAS 3 Sous-traitant FDO / Armée (sans livrable IA)
RISQUE MINIME / LIMITÉ

Sous-traitant armée/police, utilise ChatGPT en interne mais le livrable ne contient pas d'IA.

Mêmes obligations que le Cas 1
  • C'est l'USAGE de l'IA qui détermine le risque. PAS le secteur du client.
  • ChatGPT pour rédiger des notes ≠ IA de profilage criminel
RÈGLE CLÉ : C'est le DOMAINE D'UTILISATION de l'IA – pas la taille ni le secteur du client – qui détermine le niveau d'obligation (art. 6(2), Annexe III).

Calendrier des obligations

1er août 2024
Entrée en vigueur du Règlement (UE) 2024/1689
Fait
2 février 2025
Pratiques interdites (art. 5) + Littératie IA (art. 4) Applicable. Article 4 assoupli le 27 juillet 2026 : obligation de moyens, la traçabilité devient la preuve.
En vigueur
2 août 2025
Fournisseurs de modèles GPAI (art. 51-56) + régime des sanctions France : autorités de surveillance toujours non désignées au 2 août 2026 (projet de loi DDADUE en cours).
En vigueur
27 juillet 2026
Entrée en vigueur du Digital Omnibus sur l'IA Règlement (UE) 2026/1744, publié au JOUE le 24 juillet 2026. Rend les reports définitifs.
Fait
!
2 août 2026
Transparence (art. 50) : chatbots, deepfakes, contenus générés par IA Concerne toutes les entreprises, sans condition de haut risque. Pouvoirs d'exécution de la Commission sur les fournisseurs GPAI.
Applicable
2 décembre 2026
2 nouvelles pratiques interdites + fin du délai de marquage Nudification et contenus illicites impliquant des mineurs ajoutés à l'art. 5. Fin du délai de grâce pour le marquage lisible par machine des systèmes antérieurs au 2 août 2026.
À venir
2 août 2027
Mise en conformité des GPAI antérieurs + bacs à sable réglementaires Modèles mis sur le marché avant le 2 août 2025. Bacs à sable opérationnels dans les États membres (art. 57).
À venir
2 décembre 2027
Haut risque — Annexe III (systèmes autonomes) Recrutement, notation de crédit, éducation, biométrie, services essentiels. Report définitif et inconditionnel.
À venir
2 août 2028
Haut risque — Annexe I (produits réglementés) Dispositifs médicaux, jouets connectés, machines. Report définitif.
À venir
Base légale : Règlement (UE) 2024/1689 (IA Act), modifié par le Règlement (UE) 2026/1744 dit « Digital Omnibus sur l'IA », publié au JOUE le 24 juillet 2026 et entré en vigueur le 27 juillet 2026. Le mécanisme conditionnel de report lié aux normes harmonisées, envisagé en novembre 2025, n'a pas été retenu : les dates ci-dessus sont fermes.

Sanctions encourues

Catégorie d'infraction Sanction max. Sévérité
Pratiques interdites (art. 5) 35 M€ / 7 % CA ● ● ●
Haut risque + Transparence 15 M€ / 3 % CA ● ●
Fausses informations aux autorités 7,5 M€ / 1 % CA ● ●

PME (art. 99(6)) : le montant le plus FAIBLE entre % du CA et montant fixe s'applique (filet de sécurité). Le Digital Omnibus a étendu ce mécanisme aux petites ETI (art. 99(6a)).

Digital Omnibus sur l'IA — Règlement (UE) 2026/1744, publié au JOUE le 24 juillet 2026, entré en vigueur le 27 juillet 2026.

Source : Règlements (UE) 2024/1689 et (UE) 2026/1744, Commission européenne, Conseil de l'UE, DGE, CNIL

Données vérifiées au 2 août 2026 — Document à valeur informative

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Actualités IA Act

Ce qui a changé depuis l'adoption du Digital Omnibus sur l'IA

À jour au 2 août 2026
27 juillet 2026

Le Digital Omnibus sur l'IA est adopté — ce n'est plus un projet

Le Règlement (UE) 2026/1744, dit « Digital Omnibus sur l'IA », a été publié au Journal officiel de l'Union européenne le 24 juillet 2026 et est entré en vigueur le 27 juillet 2026, en procédure d'urgence. Il modifie le Règlement (UE) 2024/1689.

Concrètement : les reports d'échéances qui n'étaient jusqu'ici que des hypothèses de négociation sont désormais du droit positif. Les entreprises peuvent enfin planifier sur des dates fermes.

2 août 2026 — applicable aujourd'hui

Les obligations de transparence entrent en application (art. 50)

C'est l'échéance qui concerne le plus grand nombre de TPE et PME, parce qu'elle ne dépend d'aucune classification en haut risque. Quatre situations sont visées :

  • Chatbot ou agent conversationnel sur votre site : l'utilisateur doit être informé qu'il s'adresse à une IA — sauf si cela est évident pour une personne raisonnablement avertie et attentive.
  • Contenus générés par IA : marquage technique lisible par machine, dans un format interopérable.
  • Deepfakes (image, son, vidéo générés ou manipulés) : mention visible du caractère artificiel. Exception pour les œuvres manifestement artistiques, satiriques ou fictionnelles.
  • Textes publiés pour informer le public sur des questions d'intérêt général, sans relecture éditoriale humaine : mention obligatoire.
Le délai de grâce est plus étroit qu'on ne le lit souvent. Il ne couvre que le marquage lisible par machine (art. 50(2)), et uniquement pour les systèmes de génération de contenu mis sur le marché avant le 2 août 2026 — jusqu'au 2 décembre 2026. Un système déployé à partir d'aujourd'hui doit marquer dès le premier jour. Et l'information sur les chatbots comme l'étiquetage des deepfakes s'appliquent à tous, sans report.
Reports confirmés

Haut risque : reporté — et cette fois de façon définitive

Les obligations les plus lourdes du règlement sont décalées. Le point à retenir : le mécanisme conditionnel de type « stop-the-clock », qui aurait lié le report à la publication effective des normes harmonisées, a été abandonné dans le texte final. Les dates sont fermes.

Annexe III — avant 2 août 2026
Annexe III — désormais 2 décembre 2027

Systèmes autonomes : recrutement, notation de crédit, éducation, biométrie, accès aux services essentiels.

Annexe I — avant 2 août 2027
Annexe I — désormais 2 août 2028

Systèmes intégrés à des produits déjà réglementés : dispositifs médicaux, jouets connectés, machines.

2 décembre 2026

Deux nouvelles pratiques interdites : l'article 5 passe de 8 à 10

Le Digital Omnibus complète la liste des pratiques à risque inacceptable :

  • Les systèmes d'IA de « nudification », générant des images dénudées de personnes sans leur consentement.
  • Les systèmes générant des contenus illicites impliquant des mineurs.

La distinction fournisseur / déployeur est ici importante : pour le fournisseur, l'interdiction joue dès lors que cette génération est intentionnelle, ou raisonnablement prévisible et reproductible faute de garde-fous. Pour le déployeur, elle vise l'usage effectif.

Palier de sanction maximal : ces deux interdictions relèvent de l'article 5, donc de la tranche la plus sévère — jusqu'à 35 M€ ou 7 % du chiffre d'affaires mondial.
En vigueur depuis le 27 juillet 2026

Littératie IA : l'obligation est assouplie, pas supprimée

L'article 4 a été réécrit. On passe d'une obligation de résultat — garantir un niveau de littératie — à une obligation de moyens : prendre des mesures pour soutenir le développement de cette littératie. Le texte précise désormais explicitement que l'obligation n'impose pas de garantir un niveau spécifique pour un individu donné.

Cet assouplissement est réel, mais il déplace la charge de la preuve plutôt qu'il ne l'allège :

  • Vous n'avez pas à démontrer la compétence individuelle de chaque salarié.
  • Vous devez démontrer que des mesures ont été prises.
  • Sans trace écrite et datée, il n'y a aucune mesure démontrable.
Traduction opérationnelle : une feuille d'émargement, un support de formation daté, une attestation nominative ou un compte rendu d'atelier deviennent la seule pièce exploitable en cas de contrôle. C'est la traçabilité, et non le niveau atteint, qui fait la conformité.
Situation française

France : toujours aucune autorité formellement désignée

Au 2 août 2026, la France n'a pas encore désigné par la loi ses autorités de surveillance du marché ni son autorité notifiante au titre de l'article 70. Le schéma de gouvernance présenté par la Direction générale des entreprises et la DGCCRF le 9 septembre 2025 — DGCCRF en point de contact unique, CNIL sur la biométrie et l'emploi, Arcom sur la transparence et les deepfakes, ACPR sur le crédit et l'assurance, ANSM sur le dispositif médical — reste subordonné à l'adoption du projet de loi DDADUE, toujours en première lecture à l'Assemblée nationale.

À noter également, contre une idée répandue : l'ANSSI et le PEReN interviennent en appui technique mutualisé, et non comme autorités de surveillance.

Ne vous y trompez pas : l'absence d'autorité désignée ne suspend aucune obligation. Un règlement européen est d'application directe. Seule la capacité de contrôle est différée — pas le droit applicable, ni la responsabilité en cas de litige avec un client, un salarié ou un assureur.

Ce qu'il faut faire d'ici décembre 2026

  1. Vérifier vos points de contact avec l'article 50 : chatbot du site, visuels générés par IA sur vos supports, contenus publiés sans relecture humaine.
  2. Reprendre votre inventaire d'outils IA et le dater — c'est le socle de tout le reste.
  3. Formaliser la preuve de vos actions de littératie IA : la nouvelle rédaction de l'article 4 rend la trace plus déterminante que le contenu.
  4. Ne pas relâcher sur le haut risque : décembre 2027 paraît lointain, mais la mise en conformité d'un système d'annexe III demande douze à dix-huit mois.
Sources : Règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026 (JOUE, 24 juillet 2026) — EUR-Lex · Règlement (UE) 2024/1689 (IA Act) — EUR-Lex · Conseil de l'Union européenne, communiqué du 7 mai 2026 · Direction générale des entreprises, schéma des autorités compétentes, 9 septembre 2025 · Sénat, dossier législatif DDADUE (pjl n° 118, 2025-2026).
Données vérifiées au 2 août 2026 — document à valeur informative, ne constitue pas un conseil juridique.

FAQ IA Act

Mon entreprise est une TPE, suis-je vraiment concernée ?

Oui. L'IA Act s'applique à toute entreprise utilisant un système d'IA, sans exception de taille ni de chiffre d'affaires. Les seules exclusions concernent l'usage exclusivement militaire, l'usage personnel et la recherche scientifique pure.

Je n'utilise que ChatGPT, suis-je concerné ?

Oui. ChatGPT est un système d'IA au sens du Règlement.

Dès lors que vous l'utilisez dans un cadre professionnel, vous êtes juridiquement « déployeur » et les obligations s'appliquent.

Qu'est-ce qu'un déployeur ?

Toute personne ou entreprise qui utilise un système d'IA sous sa propre autorité. Vous n'avez pas besoin de développer l'IA — le simple fait de l'utiliser vous donne ce statut.

À quelles obligations dois-je répondre aujourd'hui ?

Trois blocs sont applicables. Depuis le 2 février 2025 : la littératie IA (art. 4) et l'interdiction des 8 pratiques à risque inacceptable (art. 5). Depuis le 2 août 2026 : les obligations de transparence (art. 50) — chatbots, contenus générés par IA, deepfakes. Ce ne sont pas des recommandations, ce sont des obligations légales.

Qu'est-ce que la littératie IA ?

L'obligation de prendre des mesures pour développer la compréhension de l'IA chez vos collaborateurs : fonctionnement, limites et risques. Depuis le 27 juillet 2026, le texte précise qu'il ne s'agit pas de garantir un niveau individuel — c'est une obligation de moyens. Aucun format imposé (formation, atelier, coaching, e-learning), mais la trace écrite devient votre seule preuve en cas de contrôle.

Quelles sont les sanctions prévues par l'IA Act ?

Jusqu'à 35 M€ ou 7 % du CA mondial pour les pratiques interdites. Jusqu'à 15 M€ ou 3 % pour le non-respect des obligations haut risque ou de transparence. Jusqu'à 7,5 M€ ou 1 % pour la fourniture d'informations inexactes aux autorités. Pour les PME, c'est toujours le montant le plus faible qui s'applique.

Je travaille pour l'armée ou la police, quelles différences ?

Si votre IA touche un domaine sensible (profilage, évaluation de preuves, biométrie), les obligations sont renforcées. Si vous utilisez l'IA uniquement en interne et que votre livrable ne contient pas d'IA, vous relevez du régime standard.

Attention : l'exemption de l'article 2(3) ne couvre que les usages exclusivement militaires, de défense ou de sécurité nationale. Les activités de police restent pleinement soumises au règlement.

L'Omnibus va-t-il repousser les échéances ?

C'est fait. Le Digital Omnibus sur l'IA — Règlement (UE) 2026/1744 — a été publié au JOUE le 24 juillet 2026 et est entré en vigueur le 27 juillet 2026. Les obligations haut risque sont reportées au 2 décembre 2027 (annexe III) et au 2 août 2028 (annexe I), sans condition. Les obligations de base ne bougent pas : littératie IA, pratiques interdites, et transparence depuis le 2 août 2026.

Ma charte informatique suffit-elle ?

Non, l'IA pose des risques spécifiques (hallucinations, biais, confidentialité des données partagées avec des outils externes) que votre charte informatique ne couvre pas. Une charte IA dédiée est un bon début mais ne peut suffire à répondre à l'ensemble des exigences de l'IA Act.

Comment se mettre rapidement en conformité ?

Vous pouvez commencer par 4 actions simples :

  1. Télécharger et lire l'IA Act
  2. Vérifier que vous ne faites rien d'interdit
  3. Inventorier vos outils IA
  4. Cartographier leurs usages et leur utilisation avec vos données

Je peux vous accompagner pour compléter votre conformité et structurer tout cela en quelques séances.