Qu’est ce que le PDCA ?

Le PDCA (ou roue de Deming) est une méthode d’amélioration qui se décline en 4 étapes:

  • Plan
  • Do
  • Check
  • Act

En français cela donne:

  • Planifier
  • Faire
  • Vérifier
  • Réagir

L’idée étant que si une entreprise prenait la peine de respecter chacune des étapes, cela entrainerait forcément l’entreprise dans une cercle vertueux appelé amélioration continue.

Comment appliquer le PDCA dans votre SMQ ?

Le PDCA appliqué aux indicateurs

  • Choisir avec minutie vos indicateurs et vos objectifs.
  • Mettre en place les moyens qui vous permettront de récolter les données chiffrées nécessaires au calcul de votre indicateur.
  • Calculer l’indicateur selon la fréquence de mise à jour choisie
  • Réagir si l’indicateur est en deçà de l’objectif prévu avec au choix soit un plan d’action permettant d’améliorer le résultat pour les périodes à venir, soit reconsidérer l’objectif si vous le pensez, avec le recul, inadapté.

 

Le PDCA appliqué aux plans d’action

  • Identifier l’objectif de l’action
  • Fixer vos critères qui vous serviront à juger objectivement de l’atteinte ou non du résultat
  • Décrire l’action et y associer les responsabilité de chacun
  • Vérifier la portée de l’action conduite au regard des critères que vous avez choisis lors de la planification
  • Une description de ce plan d’action est disponible sur l’article traitant des non-conformités.

 

 Le PDCA appliqué à l’approche processus

  • Modéliser les processus en choisissant un séquençage permettant d’identifier chacune de vos activités en les regroupant dans un groupe appelé processus
  • Définir les rôles, responsabilité, performances attendues, et règles de bonne pratique
  • Vérifier au moyen de vos indicateurs, audits, retours clients et remontées terrain que les processus sont matures
  • Améliorer les processus qui ne sont pas encore parvenus à maturité en corrigeant le point faisant défaut.

Quid de la pertinence du modèle PDCA dans un environnement contemporain très dynamique

En faisant une petite recherche sur William Edwards Deming je me suis aperçu qu’il n’était pas le dernier à critiquer le PDCA !

Dédoublement de la personnalité ou retournement de veste ?

Ni l’un ni l’autre.

Celui qui a été loué par l’empereur du Japon (excusez du peu), s’est souvent agacé dans ses écrits de la mauvaise compréhension de la théorie qui nous occupe, lui préférant même le PDSA (« S » pour « Study », théorie aussi appelée Cycle de Shewhart).

Sources:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Roue_de_Deming
https://fr.wikipedia.org/wiki/W._Edwards_Deming

 

Qu’est ce qui ne va plus dans l’interprétation de ce modèle ?

 

C’est justement l’interprétation que les qualiticiens de la vieille école en font.

Le côté statique et mécanique ne correspond plus du tout aux enjeux modernes.

PDCA La roue de deming

L’importance de la consolidation des acquis symbolisée par la « cale » est devenue aujourd’hui moins important que la faculté à s’adapter perpétuellement à notre environnement et ne pas rester figer sur une planification.

L’agilité a pris le pas sur ce que nous voyions jadis comme de la solidité et qui dans notre environnement actuel est synonyme de rigidité.

Je vous propose de réinterroger les 4 phases à la lumière de ce constat:

La planification:

 

L’interprétation classique: tout doit être pensé et organisé avant la libération du produit sauf dérogation

L’approche moderne: On planifie à minima pour rester réactif et agile en comptant sur notre capacité à gérer la situation au fil de l’exécution c’est à dire le « Do ».

Anecdote: Un des deux plus grands constructeurs d’appareil photo professionnels sort il y a quelques années un modèle, onéreux, comme vous pouvez vous en douter.

J’étais l’un des acheteurs d’un appareil photo professionnel qui connaissait de nombreux défauts de jeunesse comme en témoignait les mises à jours très nombreuses de son firmware (qui est le système d’exploitation des appareils photos numériques).

Lors d’un échange sur un forum spécialisé nous avons la chance d’ échanger avec une personne du staff technique.

Je m’apprêtais à lui asséner des arguments sans retours possibles, sa réaction fût sage et bien calibrée.

Il a reconnu le problème de sortir un nouveau modèle sans toute la batterie de tests souhaitables.

Le choix d’une sortie précoce était due au rythme d’implémentation des nouvelles technologies / options sont disponibles.

Selon lui, la clientèle irait voir la concurrence, dont le produit n’était pas exempt de défauts non plus, si la sortie tardait de trop.

C’est étrange, mais même en tant que client, même pris pour un beta testeur, j’ai fini par être d’accord avec lui.

Pas vous ?

 

L’exécution:

 

L’interprétation classique: L’exécution doit coller parfaitement à la planification.

L’approche moderne: L’exécution est la démonstration de l’agilité des intervenants, les derniers détails sont souvent planifiés à ce moment là en ajustant le plan d’ensemble à la situation du terrain.

La vérification:

 

L’interprétation classique: C’est le moment de vérifier que ce qui était prévu s’est réalisé, si tel n’est pas le cas on réagit (To act)

L’approche moderne: Le moment de la vérification sert plus à valider la vision initiale du projet que les actions qui la constitue (on est plus dans le « quoi » que dans le « comment ») partant du principe que les personnes sont compétentes et sauront corriger en quasi-autonomie ce qui doit l’être.

On se sert souvent de ces vérifications pour quelquefois réorienter complètement ou pour partie notre vision initiale.

Cela peut paraître déroutant pour le chef de projet novice, mais…

Ne dit-on pas que la principale vertu d’un projet c’est de découvrir ce que l’on n’était pas venu chercher ?

Vérifier c’est réinterroger le modèle et réinterroger le modèle n’est possible que si nous gardons un esprit ouvert.

La solidité d’un projet dans les approches modernes n’est pas basée sur des structures figées mais souples.

La rigidité nuit à la solidité là où la souplesse accepte la complexité des évènements pour en absorber les aléas et pouvoir en ressortir plus fort.

En somme, faire de chacun des imprévus une opportunité (tiens tiens … cette notion présente dans l’ISO 9001:2015 vous vous en souvenez ? ;)) pour l’entreprise.

La réaction:

 

L’interprétation classique: Votre capacité à corriger les écarts.

L’approche moderne: Votre capacité à démontrer votre réactivité quand les paramètres changent.

En effet il est fréquent de nos jours, que les paramètres pertinents au moment de la planification du projet évoluent tout au long du projet.

S’en tenir à la planification initiale parce que cela a été décidé et validé au moment T serait la démonstration d’un esprit psychorigide et non d’un esprit structuré.

Pour l’anecdote, un chef d’entreprise leader mondial dans les télécommunications pour un type d’engin de guerre a eu droit à la remarque de la part de son auditeur:  :« Il ne faut pas oublier de vous améliorer !».

L’auditeur justifiait sa remarque car il ne retrouvait pas la trace d’un « Check »  classique .

Nous souhaitons à cet auditeur la même réussite… voire dans le futur une capacité à avoir un peu plus de recul sur les choses observées.

Une nécessaire évolution des mentalités

Pour passer de ça…

…à ça

Ma critique n’est pas celle du PDCA, mais l’interprétation quelquefois surannée que l’on se borne à en faire.

Il serait dommage de la réduire par une vision rigoriste qui n’était pas celle de cet avant-gardiste qu’était William Edwards Deming.

Principales références ISO 9001:

4.4 Système de management de la qualité et ses processus
6.2 Objectifs qualité et planification des actions pour les atteindre
9.1 Surveillance, mesure, analyse et évaluation 10 Amélioration

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